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Sarkozy sanctionné
L’entre deux tour a révélé les fissures ouvertes à droite par le premier tour des élections cantonales. Avec à peine 17% des voix pour le parti présidentiel, c’est l’aimant Sarkozy lui même qui a perdu sa capacité d’attraction. Au début de son mandat, afficher le soutien du président de la République assurait de faire le plein des voix à droite. Dorénavant, l’étiquette UMP devient un handicap. Dès lors, les fortes contradictions qui traversent le paysage politique de la droite apparaissent au grand jour. La question des consignes de vote fut le théâtre de leur cristallisation : le « Ni FN, ni Front Républicain » théorisé dans le bureau de l’Elysée n’a pas tenu plus d’un jour. Il avait pourtant l’objectif de maintenir fermé le couvercle de la cocotte UMP en ébullition.
Les résultats du second tour révèlent l’échec de cette tentative. Partout, ils accentuent les tendances constatées au premier tour. Les Hauts-de-Seine sont le plus symptomatique des départements touchés par le ras-le-bol du pouvoir. Soutien acharné du président de la République, Isabelle Balkany tombe dans le canton de Levallois qu’elle avait pourtant choisi car il était censé lui assurer une promenade de santé. L’UMP s’incline également à Sceaux, à droite depuis plus de 20 ans. La gauche l’emporte à Asnières et à Courbevoie. Sur tout le territoire national, les électeurs ont pénalisé les inconscients qui avaient choisi de partir derrière la bannière UMP. Sur les 46 duels à droite, seuls 14 tournent à l’avantage de ces derniers.
Plus largement, c’est la droite tout entière qui reçoit la sanction. Sur les 887 cantons où un candidat de droite était opposé à un candidat de gauche au second tour, elle s’incline à 588 reprises, n’en remportant qu’un gros tiers. Elle perd les conseils généraux du Jura et des Pyrénées Atlantique. La Loire et la Savoie pourraient également suivre. Et si la droite remporte finalement le Val d’Oise, ce lot de consolation ne suffit pas à effacer sa déroute. Son explosion devient maintenant une possibilité. C’est le début d’un long chemin de croix pour le camp présidentiel. Le tacle de Jean-François Copé contre François Fillon lundi n’en est qu’un signe parmi tant d’autres.




