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Pour le rétablissement en urgence d’une formation des nouveaux enseignants digne de ce nom

Vendredi 27 Mai 2011
  Francis DASPE

Des précisions sur la formation des enseignants stagiaires du premier et du second degré ont été apportées par la circulaire du 19 mai 2011 et l’intervention de Luc Chatel à l’occasion d’une table ronde tenue à l’université de Cergy-Pontoise lundi 23 mai. Le ministre de l’Education nationale y affirmait vouloir « installer et ajuster dans le temps la réforme de la formation des maîtres », réforme en date de 2009 plus connue sous le nom de mastérisation.

Il s’agit en réalité d’un véritable aveu d’échec : la réforme du recrutement et de la formation des enseignants s’est immédiatement avérée catastrophique, accroissant depuis la dernière rentrée scolaire de septembre 2010 les souffrances des personnels et la déstabilisation de l’institution scolaire au seul préjudice de la majorité des élèves. C’est ainsi que 16 000 enseignants (7 000 dans le premier degré, 9 000 dans le second degré) ont été jetés devant les élèves à temps complet, ou quasiment, sans formation facilitant leur insertion dans le métier (suite à la suppression de la formation pratique en alternance d’un an offerte par les IUFM faisant suite à la réussite aux concours, combinant un tiers du temps devant les élèves et le reste en formation théorique). Il en a résulté une dégradation alarmante du quotidien des nouveaux enseignants titulaires : plus encore que les démissions de stagiaires en cours d’année, c’est la hausse du nombre de congés maladies et de congés sans traitement qui rend compte le plus fidèlement de l’aggravation du malaise.

Confronté à une situation devenue intenable et explosive, le gouvernement tente par tous les moyens d’allumer des contre-feux pour faire oublier ses propres responsabilités indiscutablement accablantes.
C’est ainsi que des masters en alternance seront proposés à la prochaine rentrée afin de pallier les carences en matière de formation professionnelle des futurs enseignants. Des étudiants pourront effectuer dès la quatrième année d’études supérieures (master 1) soit un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine, soit occuper un poste d’assistant pédagogique à mi-temps, parallèlement à leur formation universitaire (c’est dans la deuxième année de master que les étudiants préparent les concours de recrutement). Autrement dit, la formation professionnelle des futurs enseignants, qui avait été réduite à peau de chagrin par la précédente réforme, reviendrait sous une forme édulcorée, de surcroît placée avant le concours de recrutement. Cela signifie que des élèves auraient désormais devant eux des enseignants pas encore lauréats d’un concours de recrutement : ni totalement qualifiés ni correctement formés ! Ce dispositif n’est en outre censé concerner qu’une infime minorité : selon les propos du ministre, quelques centaines d’étudiants parmi les 40 000 candidats aux concours de recrutement.
La rémunération offerte pour réaliser une mission d’enseignement en responsabilité, qui devrait être en principe le premier investissement d’avenir consenti la nation, montre la dévalorisation de l’acte d’enseigner : de 3 000 à 6 000 euros annuels dans le premier cas, 560 euros mensuels dans le second cas.
Par ailleurs, les modalités d’accueil, d’accompagnement et de formation des professeurs stagiaires apparaissent soit comme dérisoires, soit reprenant des actions anciennes préalablement vidées de leur substance (tutorat, livrets du stagiaire et du tuteur, modules de formation etc…). Pire, tous les étudiants ayant obtenu le concours cette année seront affectés sur des postes fixes à temps complet à la rentrée prochaine, ce dont avaient été préservés de nombreux enseignants stagiaires du primaire.

Le Parti de Gauche considère que ces dispositifs en trompe-l’œil ne sont absolument pas à la hauteur des dégâts occasionnés par la réforme de 2009. Le Parti de Gauche réaffirme que l’existence d’une structure renforcée de formation correspond plus que jamais à un besoin impérieux. Une formation digne de ce nom doit être dispensée aux nouveaux enseignants : pour ces derniers il s’agit tout à la fois d’un droit et d’une nécessité.
Le Parti de Gauche se fixe pour objectif de garantir à tous les élèves des enseignants formés et qualifiés, c’est-à-dire recrutés sur concours nationaux et bénéficiant d’un véritable accompagnement dans leur entrée dans le métier. Il est vrai que l’objectif est incompatible avec la recherche obsessionnelle d’économies budgétaires, la sourde volonté de casser méthodiquement les statuts des personnels et l’acharnement jamais démenti à démanteler patiemment le cadre national de l’Ecole de la République animant les gouvernements de droite depuis 2002.

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