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Notre-Dame-des-Landes, NON au nouvel aéroport !

Lundi 4 Juillet 2011
  Françoise Verchere, Marylis Plongeon, Elodie Vaxelaire

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En plein bouleversement énergétique mondial, avec la fin du pétrole bon marché et l’accélération du réchauffement climatique, les élus locaux et l’Etat accélèrent la mise en œuvre du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, censé remplacer l’aéroport international de Nantes et en amplifier le trafic. Le Parti de Gauche soutient l’opposition à cet aéroport, au nom de la planification écologique, et participera au grand rassemblement national des 8-9-10 juillet sur place.

L’accélération du projet

Ce projet a été lancé il y a plus de 40 ans, avant les chocs pétroliers des années 70. Il a été ressorti des cartons depuis une dizaine d’années, alors que le contexte économique et environnemental avait fortement évolué.

Le plan de financement a été lancé par l’Etat en 2009. Il a été confirmé au mois d’octobre dernier par le vote des régions Pays de Loire et Bretagne, du Conseil Général de Loire-Atlantique, de Nantes Métropole et des communautés de communes concernées. Depuis, la mise en œuvre des dispositions légales préalables au début des travaux est menée au pas de charge. L’enquête publique sur l’aménagement du foncier s’est traduite, à la demande de la Préfecture de Loire Atlantique et du Président PS du Conseil général, par un véritable déferlement policier dans le bourg de Notre Dame des Landes (1900 habitant-e-s).

La rhétorique du « développement durable »

La contradiction est forte chez les promoteurs locaux de l’aéroport qui déclarent partout être attentifs aux questions énergétiques climatiques et environnementales. Certes les bâtiments de l’aéroport seront en « HQE » (haute qualité environnementale) mais sa construction met à mal 2000 hectares de terres agricoles dans un bocage remarquable, riche de plus de 50% de zones humides.

Capitalisme vert, l’horizon écologiste des socialistes ?

Cette simple norme « HQE » semble visiblement satisfaire les exigences environnementales des promoteurs du projet, PS et UMP. Car ici, élus locaux socialistes et UMP travaillent main dans la main. La bonne entente est ainsi de règle entre Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, et François Fillon, premier ministre, y compris pour passer outre les décisions du Grenelle 1 qui avait condamné le projet !

On peine à comprendre l’utilité d’un tel aéroport, car celui existant de Nantes-Atlantique, avec ses 240 hectares, pourrait largement assurer tous les développements prévus à l’horizon 2050 par les promoteurs de Notre-Dame-des-Landes. Mais la majorité PS et l’Etat ont toujours refusé les études alternatives sur l’aéroport existant, qui permettraient notamment de réduire le survol de la ville de Nantes.

Pourquoi persistent-ils? En matière d’aménagement du territoire, la permanence des convictions, la mobilisation des administrations et expertises rendent difficiles les retours en arrière sur des projets anciens même si le contexte a considérablement changé. C’est, entre autres pour cela que nous avons besoin de la planification écologique : permettre de réévaluer la pertinence des projets, sous contrôle citoyen, au regard de leur impact écologique, social et économique, sera la seule manière de dépasser le poids de la technostructure… et des intérêts privés.

Car au final dans ce projet, un seul acteur sort grand gagnant : le groupe Vinci qui vient d’obtenir la concession exclusive de l’aéroport pour 55 ans assortie d’une scandaleuse « avance remboursable » de 115 M€ de la part des collectivités locales, par ailleurs étranglées financièrement ! Car en matière d’aéroport comme dans le nucléaire, les entreprises privées refusent d’assumer les risques mais engrangent les bénéfices. Prêter de l’argent à un grand groupe privé dont les résultats 2010 sont florissants, voilà qui n’étonne pas de la droite mais quand le PS s’y met aussi, il y a de quoi… s’indigner et continuer le combat !

Financements publics, profits privés et peinture verte, voici une belle opération de capitalisme vert… Est-ce vraiment le nouvel horizon écologiste des socialistes ?

Une opposition qui se renforce

Heureusement depuis 40 ans, des citoyen-ne-s de tous horizons luttent contre ce mégaprojet. Et depuis deux ans, la lutte prend une nouvelle dimension. Elle est entrée dans une phase de confrontation non violente, avec les résistances aux sondages géotechniques (dont ceux qui se sont déroulés du 6 au 9 juin derniers), ainsi qu’aux différentes enquêtes sur le foncier et le parcellaire. Et elle s’amplifie.

Alors qu’avance le véritable rouleau compresseur policier, politique et médiatique, les associations et organisations se sont regroupées au sein de la Coordination des Opposants et du Collectif National contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

La plate-forme qu’elles ont adopté rejette un projet qui :

« • Validerait la logique irresponsable du développement du transport aérien à l’opposé des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique,
• Détruirait des terres agricoles, un bassin laitier important et les centaines d’emplois qui y sont liés,
• Détruirait des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle,
• Gaspillerait les finances publiques pour un projet surdimensionné et inutile,
• Détruirait des emplois, dans les autres aéroports de la région et dans la zone industrielle de l’actuel aéroport ».

Notons au sujet de ce dernier point que les promoteurs du projet font le pari du développement des Low Cost, dont les pratiques anti-sociales sont connues, et qui rendent les prévisions de créations d’emplois totalement ineptes dans un secteur complètement libéralisé où les compagnies vont et s’en vont d’une plateforme du jour au lendemain. Il s’inscrit dans une vision libérale de l’aménagement du territoire, reposant sur la concurrence entre les territoires et le marketing territorial, comme le confirment les propos du président du CG 44 qui veut fermer l’aéroport d’Angers.

Compte tenu du vote des collectivités locales, de l’engagement de l’Etat et du démarrage des travaux par l’entreprise VINCI, seule une mobilisation nationale est désormais susceptible d’arrêter ce projet. Ce sera l’objet du grand rassemblement des 8-9-10 juillet prochains, où sont attendues des milliers de personnes et où le Parti de Gauche sera fortement présent.

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