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Table ronde RM2011 - Les femmes face à la crise
Notre Remue méninges à gauche a consacré plusieurs ateliers à la question des droits des femmes. Et pour cause ! Elles sont les premières victimes des politiques de rigueur.
Le constat est partagé par le Bureau International du Travail, la Confédération Syndicale Internationale, ou encore la commission du Parlement européen qui souligne que «Les inégalités femmes/hommes sont connues de longue date, mais sont exacerbées par la crise. Les femmes subissent souvent ses conséquences négatives plus rapidement, et ne profitent de la reprise qu’avec retard». Elles subissent plus souvent le chômage que les hommes. Or cela ne va pas en s’arrangeant : en un an, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 5,5% pour les femmes et de 0,5% pour les hommes. Ces chiffres ne prennent évidemment pas en compte le temps partiel, souvent subi et à 83% féminin.
Les inégalités salariales sont aggravées par les bas salaires des métiers féminisés : 49,8% des femmes salariées sont cantonnées dans 11 des 86 familles professionnelles répertoriées par l’INSEE, à savoir agents d’entretien, vendeuses, caissières, secrétaires, hôtesses d’accueil, infirmières, aides à domicile, femmes déménage etc. 80%des travailleurs pauvres sont des femmes. Le poids des stéréotypes de genre a tendance à leur attribuer des capacités naturelles à assumer ces métiers, et délégitiment leur droit à revaloriser les salaires. D’aucun pensent même que le salaire féminin n’est qu’un salaire d’appoint, or l’autonomie financière est fondamentale pour disposer de sa vie. Autre idée reçue, les métiers féminisés seraient moins rémunérés car moins pénibles. Pourtant, les femmes sont majoritairement touchées par les troubles musculo- squelettiques à cause du travail répétitif, morcelé, ou aux postures contraignantes dont souffrent caissières et vendeuses. La droite cherche à démolir nos acquis, la sécurité sociale, les services publics, bref la solidarité. L’une de ses stratégies a été de discréditer la révolution la plus contestataire de l’ordre social, le Mouvement de Libération des Femmes. C’est ce combat qu’il nous faut aujourd’hui mener pour ne plus souffrir que le mot égalité, qui trône au milieu du fronton de la République, soit si durement bafoué.




