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Table ronde RM2011 - Les leviers pour une école de la transformation sociale, écologique et démocratique

Mardi 30 Août 2011
  Brigitte Blang

Enseignants, chercheurs, syndicalistes, parents d’élèves ont tenté de percer les secrets de la réussite bien sûr, mais aussi de l’échec scolaire pour trouver des pistes à travers les réflexions partagées. Un débat de grande qualité, ouvert et respectueux.

En deux heures, nul doute qu’il n’a pas été possible d’inventer des solutions aux problèmes auxquels se heurtent depuis des générations les professeurs et leurs élèves. Car la crise de l’école est ancienne. Le mal plonge ses racines au coeur même de la démocratisation de l’école. Une idée généreuse malheureusement peu suivie des moyens qui auraient permis son succès. Après plus de 50 ans d’entrée des enfants d’ouvriers au collège unique, force est de constater que ce sont toujours les mêmes élèves qui accèdent aux grandes écoles et à l’université, et que les mêmes sont orientés vers des études courtes.

Si les métiers, les connaissances, les besoins ont évolué, le système lui, n’a pas bougé. Et sa structure est toujours basée sur la notation, le classement, la concurrence. La laïcité, la gratuité, l’égalité sont autant d’idées neuves qui mériteraient un autre traitement.

L’accumulation des réformes n’a jamais permis d’améliorer le niveau de formation des élèves. Il faut bien admettre que la politique de démolition des services publics, le tri cynique des élèves toujours assumé par les pouvoirs, le renvoi de chacun à la responsabilité de son propre échec, le scandale de l’élaboration des programmes sans concertation préalable sont autant de raisons de douter que nous puissions facilement sortir l’école de sa fonction d’employabilité. Tâche ardue, mais possible, à condition de s’en donner le temps.

Car oui, pour apprendre, il faut du temps. Et c’est pourtant du temps qu’on retire, tout en ajoutant des concepts. Et c’est encore du temps qu’on vole à la formation des maîtres.

Pour redonner à l’école publique son rôle émancipateur, il faudra repenser son cadre laïque. Rappeler les accents du serment de Vincennes, pour que l’argent de tous aille à l’école de tous. Rendre confiance aux parents qui entrent encore si souvent à reculons dans une école qui leur rappelle de mauvais souvenirs. Garantir à l’école un caractère national par le statut de fonctionnaire, condition de l’indépendance des personnels.

Cet atelier n’a été qu’un point de départ, mais il a dégagé l’ambition forte de ses participants à bâtir une dynamique de transformation de l’école, dans un objectif de renouveau démocratique et d’intérêt général.

Non, décidément, l’école ne doit pas s’incliner devant la dette, prétexte trop commode au démantèlement du service public. Il s’agit de faire un choix clairement identifié de la société que nous voulons construire : la crise est structurelle, elle engendre pour l’école un phénomène inéluctable de reproduction sociale.

L’enfant du peuple a vocation à devenir à son tour un exécutant. Et puisque l’égalité des chances n’a jamais débouché sur l’égalité des droits, alors, il reste au Front de Gauche à ouvrir le chantier du développement de ce choix concret. Un développement qui aura la force de son utopie.

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