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Table ronde RM2011 - N’attendez pas les consignes
Lors de la séance de clôture du Remue méninges, entre 1500 et 2000 personnes ont accueilli Jean-Luc Mélenchon au cri de «tous ensemble tous ensemble, Front de gauche». C’est en rappelant que l’essentiel en politique réside dans le programme et les idées et non dans les personnes que Jean-Luc Mélenchon a débuté son discours.
Dans cet esprit il a mis au défi les candidats de la droite – encore faudrait- il qu’ils se fassent connaître et cessent leur danse du ventre – mais aussi ceux de gauche d’accepter de débattre des propositions du Front de gauche. C’est un devoir envers le peuple que de lui permettre de trancher en connaissance de cause lors du vote en 2012.
Une fois l’enjeu défini, rendre sa place au peuple, Jean-Luc Mélenchon a déroulé les propositions du Front de gauche pour faire face aux multiples aspects de ce qu’on appelle la crise, faute d’un mot plus fort pour traduire l’impasse du système. Car si la crise financière occulte dans les média et les discours politiques la question écologique, tous les indicateurs mettent en évidence la nécessité d’une bifurcation écologique pour rompre avec le productivisme et relocaliser la production. Jean-Luc Mélenchon a affirmé sa volonté de sortir des énergies carbonées et de faire confiance au peuple pour trancher le débat sur la sortie du nucléaire par la voie référendaire.
Cette bifurcation écologique ne peut être séparée d’une nécessaire bifurcation sociale. Le moment s’en approche avec l’explosion de la dette, aujourd’hui prétexte pour faire payer les peuples, mais qu’aucun sacrifice de leur part ne permettra même d’honorer comme on le voit en Grèce.
Un gouvernement Front de gauche ne se laissera pas faire. Ce ne sont pas les «marchés» qui seront rassurés, mais bien au contraire, les productifs, c’est-à-dire les entreprises et les salariés. Et d’enchaîner sur les mesures du Front de gauche face à la crise : prise de contrôle de la banque centrale pour qu’elle prête directement aux Etats (ce qui éteindrait immédiatement l’incendie spéculatif) ; taxation des revenus du capital à égalité avec ceux du travail ; mise à bas du cœur de l’exploitation, la précarité, avec la titularisation de tous les précaires de la fonction publique et la mise en place de quotas maxima d’emplois précaires dans les entreprises privées.
Les Français doivent donc s’opposer à la cure d’austérité imposée par le gouvernement. Malheureusement la capacité de mobilisation se trouve réduite par la course au plus austère que se livrent les socialistes. Dans ce contexte, les prises de position d’Eva Joly et d’Arnaud Montebourg ont été saluées.
Mais il ne s’agit pas d’attendre 2012. Le rapport de forces se construit dès maintenant, par la lutte idéologique mais aussi par la lutte sociale. D’où un appel pressant à ce que chacun soutienne les actions que décideront les syndicats en cette rentrée pour mettre en échec les projets d’austérité du gouvernement.
Jean-Luc Mélenchon a conclu son discours en souhaitant que la campagne qui s’avance soit le premier acte de la Révolution citoyenne. Il en a résumé ainsi la philosophie : «une seule consigne : n’attendez pas les consignes». La campagne doit être un foisonnement d’actions à l’image de celle de 2005. Tout le monde doit s’impliquer individuellement, chaque moment de conscientisation et de conviction doit être employé pour éclairer les citoyens face aux chocs qui s’avancent, faire avancer les solutions du Front de gauche et permettre au peuple de retrouver la place de souverain qui devrait être la sienne.




