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Budget 2012 : la saignée continue !
La convention que l’UMP devait tenir mardi 25 octobre sur la question de "la dette et des finances publiques" a été annulée. Entre deux sommets européens et la discussion du budget à l’Assemblée, les ministres avaient mieux à faire. Surtout, l’UMP a voulu éviter qu’on se penche de trop près sur sa politique budgétaire. On comprend pourquoi.
Comme ses homologues libéraux et sociaux-libéraux européens, le gouvernement applique l’austérité. Il est même obligé d’intégrer les effets négatifs de sa propre politique en revoyant à la baisse la prévision de croissance. De 2,25% au départ, elle a été ramenée à 1% ! On ne peut d’ailleurs que constater avec effarement que cette annonce intervient après le vote de la partie recettes du budget à l’Assemblée. Encore une fois, le Parlement est méprisé alors que le gouvernement obéit aux agences de notation au moindre claquement de doigts.
Le budget pour 2012 est comme les précédents : la saignée pour le peuple et la casse du service public. Le gouvernement prévoit de supprimer 30 400 postes de fonctionnaires dont 14 000 dans l’Education. Le total sur la période 2007-2012 sera ainsi porté à 150 000 suppressions dont 66 000 dans l’Education. L’UMP va même plus loin que la règle du "un sur deux". Le budget 2012 prévoit le non remplacement de 55% des fonctionnaires partant à la retraite. Et dans son intervention télévisée du 27 octobre, Nicolas Sarkozy a clairement annoncé son intention de "continuer" cette politique parce qu’il y aurait "trop de fonctionnaires". La droite voudrait élargir cette règle aux collectivités locales. Sur ce point, Marine Le Pen la rejoint : elle veut réduire la dotation de l’Etat aux collectivités en leur interdisant d’augmenter les impôts locaux pour compenser la perte.
L’autre élément marquant du budget pour 2012 est censé être la "taxe sur les hauts revenus". Annoncée par Fillon en août, elle a été un peu alourdie par les députés en première lecture. Elle sera donc de 3% sur les revenus supérieurs à 250 000 euros pour un célibataire et de 4% au-delà de 500 000 euros. Elle devrait rapporter 410 millions soit le double de la proposition du gouvernement. Mais cela représente seulement 4% des 11 milliards "d’efforts supplémentaires". Seuls 25 000 foyers seraient concernés. Ce qui est présenté comme un effort n’est qu’une pichenette. Un célibataire gagnant 40 000 euros par mois verra son impôt augmenter de 575 euros par mois. La taxe fait pschitt. D’autant qu’en juin dernier, la réforme de l’ISF a rendu 1,8 milliard d’euros aux plus riches.
Par contre, il en va différemment pour le pouvoir d’achat populaire. Le gouvernement détourne ce qui pourrait être une bonne mesure de santé publique - une taxe sur les sodas et boissons avec édulcorants - pour en faire une décision purement comptable et récupérer 240 millions d’euros. Pire, alors que 30% des Français ont renoncé à se soigner l’an dernier faute de moyens, le gouvernement augmente la taxe sur les mutuelles. Il ponctionne ainsi 1,1 milliard d’euros qui seront à coup sûr répercutés sur les assurés. Voila qui risque encore d’aggraver le risque de "crash sanitaire" dont parle Médecins du Monde dans son rapport annuel sur la santé en France.
Et comme le gouvernement préfère prendre l’argent dans la poche des salariés, il augmente la CSG. Bien sûr, c’est fait de manière subtile, par une réduction de l’abattement pour frais professionnels. Désormais la CSG sera calculée sur 98% du salaire et non plus 97%. Cela rapportera 550 millions d’euros. Plus que la taxe sur les hauts revenus, même alourdie par les députés. Surtout, cela pèsera une nouvelle fois sur les salaires nets qui ont déjà baissé dans l’indifférence générale.
Enfin, le cynisme et la haine de classe du gouvernement n’ont pas de limite. Après avoir taxé les indemnités pour accidents du travail, le gouvernement veut faire passer le nombre de jours d’arrêt maladie non indemnisés par la Sécurité Sociale de 3 à 4. Or les jours de carence ne sont payés aux salariés par l’employeur que si les conventions de branche le prévoient, ce qui n’est pas le cas de toutes.
Pendant ce temps, les oligarques, les grandes entreprises et les riches sont tranquilles. Le gouvernement n’entend pas revenir sur les baisses d’impôt sur le revenu. Pourtant, le simple retour au barème d’avant 2000 représenterait 15 milliards d’euros de recettes nouvelles par an. De même, les 45 milliards d’euros de fraudes fiscales ne seront pas inquiétés. Et les 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales ne seront pas supprimés. Pas plus que les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires qui coûtent 4,5 milliards d’euros. Pourtant, le nombre d’heures supplémentaires réalisées au premier semestre 2011 représente, en rythme annuel, l’équivalent de 400 000 emplois à temps plein. Alors que le chômage n’en finit plus de grimper, il y a urgence à revenir sur cette mesure coûteuse et absurde. Au lieu de cela, il y a fort à craindre que le nouveau tour de vis annoncé par Nicolas Sarkozy frappera encore le peuple.
La droite creuse la dette
Le 27 octobre, Sarkozy a accusé la gauche, les 35h et la retraite à 60 ans de tous les maux remontant jusqu’à 1981 pour mieux faire oublier sa responsabilité. Mais la propagande sarkozyste ne résiste pas aux faits : depuis 1981, les gouvernements de droite sont responsables de 75% du creusement de la dette. Depuis 2002, la dette a doublé en valeur.
Et Sarkozy lui-même est particulièrement responsable. Entre 1993 et 1997, alors qu’il était ministre du budget, la dette est passée de 40% à 60% du PIB. 20 points de PIB d’augmentation, c’est le même bilan qu’entre 2008 et 2011 (de 67 à 87%). Rappelons qu’entre 1997 et 2001, le gouvernement Jospin avait ramené la part de la dette de 60% à 57%. C’est la seule baisse de la dette depuis 30 ans. Et ce n’est pas à la droite qu’on la doit !
Hollande comme Sarkozy ?
François Hollande a déjà annoncé qu’il respecterait les engagements pris par Sarkozy de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB "dès 2013". Il entend ainsi "respecter les engagement européens de la France". Dans la même logique, il devrait donc faire voter la "règle d’or" comme la France s’y est engagée lors du sommet européen du 26 octobre.
Son conseiller économique a également clarifié la proposition de recruter 60 000 enseignants en cinq ans. Michel Sapin a précisé le 25 octobre que "bien entendu, cette mesure est compensée par des baisses de postes ailleurs. L’idée est de ne pas augmenter le nombre de fonctionnaires". Avec Hollande, il faut donc s’attendre à 60 000 suppressions de postes de fonctionnaires hors éducation. Pour mémoire, hors éducation, Sarkozy a supprimé 84 000 postes en cinq ans. A six mois de la présidentielle, Sapin et Hollande proposent déjà de faire la même chose que Sarkozy.




