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Tous policiers ?
Au garde à vous devant la finance, le gouvernement veut faire respecter à son tour l’ordre public. Ou du moins le laisser croire. Le 8 novembre dernier, Claude Guéant annonce des « réorganisations » dans les forces de l’ordre avec pour objectif « que la présence des forces de sécurité, qui donne un sentiment de sécurité aux citoyens, ne soit pas diminuée ». Le « sentiment de sécurité », c’est bien tout ce qu’il reste au ministre car la réalité, elle, ne ment pas.
11 000 postes de policiers et de gendarmes ont en effet été supprimés depuis 2007 auxquels s’ajoutent 3000 nouvelles suppressions pour l’an prochain. Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), les violences contre les personnes ont quant à elles continué d’augmenter de 2,32% cette année.
A la destruction du service public et à l’incompétence, le ministre ajoute la provocation en harcelant les syndicats. Pour « compenser les suppressions d’emplois, explique-t-il, plusieurs centaines de détachés syndicaux retrouveront le service actif ». Pire, un décret de la loi LOPPSI 2 ouvre la réserve civile de la police « à tous les citoyens français». Si cette réserve emprunte à la milice le principe du volontariat, elle ne se verra confier «aucune tâche opérationnelle» et s’occupera « de la surveillance générale d’un quartier», rassure Guéant. Mais sous les mots vagues, l’idée claire : dévoyer l’esprit civique avec une surveillance généralisée des habitants par eux-mêmes.
Pour ce faire, ces « volontaires recevront une formation, un uniforme et seront indemnisés ». On ne connait pas encore la couleur de l’uniforme mais on sait que ces réservistes seront rémunérés 97 euros par jour. Ou comment faire de fausses économies au détriment de l’Etat et de sa police, pourtant seuls garants de la violence légitime en démocratie.
Le programme du Front de gauche est à l’exact opposé de cette panoplie antirépublicaine. Il met la prévention et la dissuasion au cœur de la lutte pour la sécurité. Il préconise de stopper la scandaleuse baisse des effectifs de la police nationale et de recruter. A l’inverse de la « police des voisins », l’Humain d’abord mise sur une formation des forces de l’ordre « fondée sur le respect des personnes » ainsi que sur une police républicaine de proximité proche des citoyens et consciente des problèmes qui traversent la cité.




