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L’appel du reseau des femmes du PGE pour le 08 mars

Mardi 8 Mars 2011
  EL FEM

 

Pain et roses, égalité, dignité et autonomie

Le centenaire de la journée de la femme.

Cela fait maintenant un siècle que tous les 8 mars, lors de la journée internationale de la femme, des femmes se mobilisent et militent pour l’égalité entre les sexes. Les femmes représentent une force véritable qu’il est impossible de négliger, et elles agissent pour tous ceux qui souhaitent s’émanciper de l’exploitation capitaliste et de la domination patriarcale.

Au cours du siècle passé, les femmes européennes ont obtenu le droit de vote et celui d’être élues à des fonctions politiques. Progressivement, les femmes ont élaboré des lois et ont commencé à occuper des fonctions politiques dans divers gouvernements européens. L’exigence des quotas lors des élections législatives européennes est absolument nécessaire pour faire en sorte que les femmes puissent pleinement assumer leur citoyenneté et leurs droits.

Dans le contexte des crises politiques, économiques et sociales qui touchent actuellement les États européens, et des mesures d’austérité imposées par l’UE et des gouvernements qui ébranlent les systèmes de protection sociale, la condition des femmes est particulièrement alarmante. Victimes de TOUTES les inégalités, elles constituent la force essentielle de mobilisation prête à affronter et renverser ces multiples injustices et formes de discrimination.

Nous, les femmes d’EL FEM, nous efforçons de créer une société, aujourd’hui et pour l’avenir, dans laquelle être née fille n’est pas un désavantage, dans laquelle les deux sexes ont les mêmes droits et les mêmes chances, dans laquelle le respect et la solidarité modèlent les relations humaines. Nous savons qu’un autre monde est possible ; un monde fondé sur un système de production, de consommation et de distribution humain et démocratique.


"La parité dans le monde du travail et la protection sociale"

Dans toute l’Europe, les droits des femmes sont menacés par des mesures d’austérité qui méprisent les véritables besoins des femmes. Lorsque des coupes budgétaires frappent le secteur public, et en particulier les systèmes de protection sociale, les femmes en subissent les conséquences : elles perdent leur emploi, et elles sont obligées de prendre en charge leurs enfants et leurs aînés lorsque les services publics se détériorent.

La privatisation touche les femmes plus que les hommes, parce que les femmes ont besoin de services accessibles et peu coûteux pour pouvoir associer vie familiale et vie professionnelle. Avec la féminisation de la pauvreté, l’augmentation des tarifs dans le secteur public les touchent de manière disproportionnée.

En tant que féministes et socialistes, nous travaillons et nous nous efforçons d’élaborer des alternatives pour atteindre la démocratisation du travail dans laquelle "le capital mort ne domine pas le travail vivant" (Marx). Cela inclut à la fois le travail payé et le travail gratuit, à la fois la production de biens et de services et la reproduction des êtres humains, et à la fois le travail mécanisé, le travail technologique et le travail dans les services publics, la santé, les loisirs et la culture.

Il est impératif que des lois visant à sanctionner ceux qui encouragent le sexisme et l’inégalité entre les sexes, à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé, soient adoptées dans chaque État.


"La violence à l’encontre des femmes"

Nous voulons faire prendre conscience à chacun de la violence omniprésente à laquelle les femmes sont confrontées à la guerre, à la maison, au travail, sous la forme de mutilations génitales, de viols, et du sexisme vécu quotidiennement. La violence sous ses multiples formes représente pour nous la plus grande marque de la domination des hommes sur les femmes. C’est pourquoi des lois, des programmes et des politiques doivent être adoptés pour défaire cette domination patriarcale.

Dans beaucoup de pays, les droits à l’avortement est réduit ou tout simplement interdit.

Les féministes européen-ne-s ont exigé depuis des années la reconnaissance des droits inaliénables de toutes les femmes de décider de leur corps ; le droit à l’information, à la contraception et à l’avortement gratuit dans TOUS les pays.

Nous exigeons le retrait de la résolution abjecte 1763/2010 du Conseil de l’Europe qui porte atteinte aux droits à l’avortement.


"Laïcité et parité"

Nous protestons contre le fait que la misogynie, déguisée en religion, soit de nouveau répandue. Les femmes sont emprisonnées, victimes de mariages forcés, et même lapidées au nom de la religion.

Nous, les femmes d’EL FEM, redoublons nos efforts pour maintenir et assurer l’implantation de lois laïques dans nos pays respectifs. Des modèles de sociétés laïques doivent servir à répandre et faire s’épanouir l’espace démocratique et citoyen. Nous devons déconstruire toute forme de domination et en particulier les moyens de contrôle corporatifs et patriarcaux. Nous devons réévaluer le rôle de l’éducation nationale dans le développement de l’esprit critique, en particulier en encourageant des cours sur la parité et les droits des femmes, sur l’histoire des religions et sur les modèles de société laïque. L’Europe des peuples doit être une Europe libérée des lois divines patriarcales. De la même façon, face à la montée du fascisme en Europe, nous tenons à souligner le fait que nous dénonçons et combattons les tendances d’extrême-droite.

Nous sommes des activistes internationaux/les et nous n’essayons donc pas de créer une vie meilleure uniquement pour nous-mêmes. Nous sommes conscient-e-s des conditions de vie de tous les peuples, et nous ne voulons pas nous émanciper au détriment d’autres peuples. Nous sommes prêt-e-s à partager nos droits.

Il y a un siècle, nos militant-e-s se sont concentré-e-s sur l’émancipation des femmes, sur leur droit de vote, leur droit à l’éducation, à l’association, à la protection sociale dans la vie professionnelle et dans la vie familiale. Aujourd’hui, c’est en se fondant sur ces luttes que nous surmontons notre situation d’impuissance en refusant d’accepter les politiques dominantes. Nous sommes au premier plan de la lutte contre la destruction de la planète ; nous combattons pour une société humaine non-violente, sans discrimination et sans oppression. Sur le chemin de l’autonomie et d’un virement radical des valeurs, opéré par celles et ceux qui engagent ces changements, hommes et femmes, nous, femmes, socialistes et féministes, montrerons la voie vers une société de liberté et d’égalité.

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