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Déclaration de la délégation du PG en Tunisie
Mercredi 26 octobre 21h
Alors que les résultats officiels portant sur 151 sièges sur 217, viennent d’être publiés, dans l’attente des résultats du grand Tunis, la délégation du PG présente sur place fait la déclaration suivante :
Le 23 octobre, à peine dix mois après avoir reversé la dictature policière et corrompue de Zine el Abidine Ben Ali, le peuple de Tunisie était convoqué pour élire l’Assemblée chargée d’élaborer la nouvelle constitution qui doit instaurer et pérenniser une démocratie véritable dans ce pays.
Par ce scrutin historique, sans véritable précédent dans le monde arabe, les citoyens tunisiens ont librement exprimé leur volonté souveraine en votant massivement et avec un civisme impressionnant dans le cadre d’un dispositif électoral préparé ex nihilo et en un temps record.
Plusieurs constats peuvent d’ores et déjà être faits :
Les fraudes et démarches attentatoires à la démocratie semblent avoir été marginales, à la notable exception de la liste dite "Pétition populaire", appuyée sur une télévision privé émettant depuis le Royaume-Uni, qui a notamment poursuivi une propagande partisane contraire au code électoral jusqu’au jour du vote. Cette liste pourrait encourir une invalidation.
Les résultats connus à cette heure, même s’ils sont encore partiels, placent le parti islamiste Ennahda en première position, loin devant ses concurrents, avec plus de 40% des sièges. Ce parti, qui s’inspire des principes des Frères musulmans et ne fait pas mystère de sa volonté de les appliquer à la société tunisienne, s’il n’a pu atteindre seul la majorité absolue, pourra sans doute compter sur l’appoint de formations opportunistes prêtes à s’allier avec lui, pour dominer l’Assemblée nationale constituante, et peser de façon conservatrice et rétrograde dans l’élaboration de la nouvelle constitution, ainsi que sur la politique nationale menée durant cette phase d’élaboration.
Les formations de la gauche démocratique, qui se sont présentées en ordre dispersé, avec des programmes reprenant très insuffisamment les aspirations des couches populaires les plus déshéritées subissent une lourde défaite, et auront une grande difficulté à faire entendre leur voix. Il leur appartient de se ressaisir, d’élaborer une ligne politique dépourvue d’ambiguïté sur la redistribution radicale des richesses et sur l’éradication de la corruption, susceptible de rassembler à l’avenir une majorité de Tunisiens, et notamment ceux des classes populaires.
Le Parti de gauche sera à leurs cotés.
Raquel GARRIDO : porte-parole internationale du PG, Alexis CORBIERE : SN du PG et Conseiller de Paris, Alain BILLON : Ancien député, responsable Maghreb-Machrek du PG, Lotfi Mzoughi : PG Paris, Alain Chaignon : PG Hérault.






