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Déclaration politique des pays de l'ALBA, Copenhague, décembre 2009

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En premier lieu, cela a été un processus de négociations vicié par la violation des principes essentiels du système multilatéral. Obscur et peu transparent, exclusif (conçu pour assurer les positions d'un petit groupe de pays), e processus antidémocratique n'a pas reconnu l'égalité de tous.

Nous, les pays membres de l'ALBA, dénonçons devant le monde la menace que représente pour le destin de l'Humanité le résultat de cette Conférence des Nations Unies, qui s'est déroulée à Copenhague.

En premier lieu, cela a été un processus de négociations vicié par la violation des principes essentiels du système multilatéral. Obscur et peu transparent, exclusif (conçu pour assurer les positions d'un petit groupe de pays), e processus antidémocratique n'a pas reconnu l'égalité de tous.

Le Changement climatique ne peut pas être un système désarticulé des principes de la Charte des Nations Unies : ce processus manque de légitimité puisqu'il a violé tous les principes du multilatéralisme et de la Charte des Nations Unies, surtout celui de l'égalité souveraine entre tous les Etats.

La caractéristique fondamentale de ce lamentable désaccord est qu'un très petit groupe de pays, coordonné et convoqué par le Danemark, a produit depuis plusieurs semaines des lignes pour un accord, qu'ils se sont unilatéralement nommés « Parties intéressées », excluant la grande majorité du monde, établissant comme critère l'existence de pays de première division et des pays de seconde.

Alors que la présidence de la COP-MOP ( Conférence des Parties - Rencontre des Parties au Protocole de Kyoto) a enjoint les pays à reprendre les groupes de contact, pour avancer dans la rédaction et le nettoyage des textes approuvés par les Parties comme base de négociations, le Premier ministre danois convoquait dans le même temps les Présidents d'un petit groupe de pays pour rédiger un document dans le dos du Monde. Une autre preuve de l'exclusion qui caractérise cet événement est la convocation d'un petit groupe de Présidents à huis clos, sans la participation de la majorité et sans expliquer les critères de cette élection.

Il est clair que nous ne pouvons considérer le Changement Climatique sans tenir compte du changement du système. Le mode de production et de consommation capitaliste mène la vie sur la planète vers un point de non-retour, il en résulte un moment crucial de l'histoire humaine et le débat à ces tribunes ne peut être réduit aux intérêts économiques d'un petit groupe. Jusqu'à présent, nous n'avons obtenu que peu de choses, cependant nous avons préservé le régime climatique en vigueur : la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et le protocole de Kyoto, qui est une plateforme importante pour avancer dans la défense de la vie.

Nous avons ici un accord politique mondial important, dans lequel nous nous accordons tous sur le fait que le Changement Climatique est un problème dont nous devons nous occuper de toute urgence, et dans lequel les pays qui sont historiquement responsables du problème ont accepté d'assumer des engagements à des réductions d'émissions quantifiables (individuelles et agrégées) pour baisser les émissions à des niveaux permettant de contrôler le problème.

Le scénario actuel est un recul dramatique et inclut que nous oublions le Protocole de Kyoto. Dans ce Sommet nous n'avons pas obtenu d'accord sur les points liés aux obligations des pays développés: établir des objectifs de réduction des émissions ou fixer une seconde période d'engagements pour le Protocole de Kyoto. Il y a des offres sur la table, mais elles ne sont pas comparables entre elles. Les États-Unis ne veulent pas s'engager sur la base d'efforts comparables aux autres pays développés. Les pays développés sont venus à cette réunion avec un programme déjà pensé, et violent tous les procédés démocratiques pour essayer de l'imposer.

Dans le Plan d'Action de Bali, approuvé en 2007, il a été convenu que les pays développés auraient des OBLIGATIONS d'atténuation auxquelles s'ajouteraient des ACTIONS d'atténuation, volontaires, des pays en voie de développement.

Maintenant, les pays développés se sont obstinés à mal interpréter le Plan de Bali pendant deux ans, pour tenter d'utiliser cette manifestation de bonne volonté de notre part de multiplier nos efforts, comme un moyen de nous transférer leurs obligations. Les efforts et la volonté d'atténuation des pays en voie de développement ne peuvent pas s'utiliser comme un moyen de nous manipuler et de nous dire, après qu'ils ont détruit le monde, que c'est maintenant à notre tour d'atténuer pour qu' eux puissent continuer à polluer, à détruire, sur la base de leurs modes de production et de consommation exploiteurs.

Il y a aussi ici une question de principes. Nous, pays en voie de développement, sommes des nations dignes, souveraines, victimes d'un problème que nous ne causons pas. Ce principe moral, fondé sur les responsabilités historiques, est la raison pour laquelle les pays développés doivent pourvoir des ressources suffisantes, pour la complète application des principes de la Convention.

La crise environnementale résultant de l'augmentation des températures de l'atmosphère, est la conséquence du système capitaliste, du long et insoutenable mode de production et de consommation des pays développés, de l'augmentation et de l'imposition au reste du monde d'un modèle de développement absolument prédateur, et du manque de volonté politique pour la tenue pleine et effective des engagements et des obligations prévus par la Convention et par le Protocole de Kyoto

Les pays développés ont surexploité l'espace atmosphérique. Cette dette climatique dans le cadre plus large de la dette écologique comprend tant une dette d'émission qu'une dette d'adaptation, qui doit être honorée par les pays développés. Il ne s'agit pas de charité, ni d'une aumône, ni d'un don, mais d'un droit inaliénable.


Les pays de l'Annexe I ont accumulé en dépenses militaires au cours de l'année 2008 la somme de 1.123 milliards de dollars. Les États-Unis ont dépensé 711 milliards de dollars en 2008, selon la demande de budget pour l'année fiscale 2009, qui inclut 170 milliards de dollars pour des opérations en cours en Irak et en Afghanistan. De ce fait, le monde sait qu'ils ont les capacités, ce qu'ils n'ont pas c'est la volonté politique de répondre à leurs engagements et obligations internationales pour la lutte contre le Changement Climatique. Ils entendent user et abuser des besoins des plus pauvres pour forcer des accords illégaux.

Aujourd'hui, au travers des marchés du carbone ils veulent, eux qui ont causé le Changement Climatique, continuer à polluer, tandis que la charge de la réduction des émissions se transfère aux pays en développement. Ils ont pensé qu'à Copenhague ils auraient pu nous convaincre d'acheter leur droit à polluer, et ils offraient en échange des promesses pécuniaires misérables.

1- Nous dénonçons avec force et nous demandons à contester les documents générés par la Présidence de la COP, sans le mandat des parties, et nous nous manifestons ouvertement contre les groupes des amis du Chair. La Présidence n'a pas garanti d'égalité de participation à tous les niveaux, y compris au niveau présidentiel.

2- Nous réitérons notre engagement avec la lutte contre le Changement climatique, avec les principes de la Convention et avec la validité, maintenant plus que jamais, du Protocole de Kyoto, dont nous considérons le contenu perfectible avec des décisions des parties et des accords consécutifs, mais que nous ne devons pas laisser mourir. La complexité des négociations récentes nous a démontré que les intérêts économiques en jeu ne permettront aucun accord si les pays développés n'acceptent pas d'en respecter les principes.

3- En ce sens, nous exprimons notre volonté politique de continuer à travailler dans le cadre de la Convention et du Protocole de Kyoto. La relance de ces négociations doit se faire sur la base du respect, de l'inclusion, de la transparence et de la légitimité.

4- Nous relevons que, alors même que la Conférence échouait de manière irréversible, se cumulaient dans les rues les voix des jeunes qui savent que le futur leur appartient, qui ont dénoncé avec force les manœuvres des pays développés et qui savent que la lutte continue. Nous nous joignons à leurs voix et à leurs protestations, nous les saluons et les appuyons. Le peuple doit continuer à être vigilant.

Aujourd'hui plus que jamais, face aux lamentables manœuvres qui ont été pratiquées à Copenhague pour des intérêts économiques mesquins, nous réitérons qu'il ne faut pas changer le climat, il faut il faut changer le système !

Source : Bolpress

Traduit par DMG

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