La naissance du parti de gauche sera la renaissance de toute la gauche.
C'est émouvant une naissance. On croit toujours qu'avec le nouveau né, il y a une promesse, tellement nous sommes optimistes, tellement nous avons besoin d'être optimistes.
La promesse aujourd'hui est que la gauche renaisse de ses cendres. Elle a en effet été brûlée dans le feu de la globalisation et dans les flammes de l'effondrement des pays socialistes.
Dépossédée de sa vision du monde, la prétendue gauche a opéré un glissement progressif du revendicatif au caritatif et là, comme disait l'autre, la gauche n'a pas le monopole du cœur. Toutes les confusions sont devenues possibles. La charité chrétienne, bourgeoise, de droite existe bel et bien, comme il existe une droite démocrate, antiraciste, républicaine.
Bref, les valeurs de gauche qui, sans qu'elles soient jamais définies, constituent le seul argument des socialistes, ne sont pas plus de gauche que de droite : elles ne sont tout simplement pas de l'ordre du politique.
La gauche, pour se réinventer, doit penser, concevoir des formes « inédites » nationales et internationales d'appropriation des richesses pour ceux qui les produisent. Je répète, des formes inédites. Sans cet effort intellectuel, théorique, toutes les bonnes volontés s'épuiseront. A l'évidence, la tâche est ardue, mais ne pas poser une alternative, des alternatives au capitalisme comme pierre d'angle de la reconstruction de la gauche conduit nécessairement à l'échec. La gauche et le socialisme sont indissociables. La gauche et le socialisme sont synonymes.
Nous avons jeté l'enfant avec l'eau du bain. Je crois toujours en cet enfant, et en ses promesses.
Un dernier mot car le temps presse.
Les différences entre les sensibilités qui composaient le front contre le traité constitutionnel européen sont soit d'ordre historique, soit d'ordre partisan. Je veux parler des avantages liés aux succès électoraux dans nos démocraties.
Aujourd'hui, les divergences sur l'adhésion à la 3e internationale ou sur la construction du socialisme dans la jeune URSS ne peuvent pas masquer l'extrême convergence des propositions de tous ceux qui se battaient contre le traité européen.
Quant à la forme-parti, il faut là-aussi se mettre en état d'inventer de nouvelles manières.
Vues de loin, ou vues d'ailleurs, ces querelles historiques et partisanes apparaissent bien futiles face aux nécessités auxquelles le monde est confronté.
La naissance du parti de gauche sera la renaissance de toute la gauche... Car il le faut
























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