Macron reste aveugle face à l’échec de la « guerre au terrorisme »

Emmanuel Macron a rencontré le 3 juillet les chefs des États membres du G5 Sahel, dispositif bricolé à sa demande et censé lutter contre les groupes jihadistes. Réaffirmant  l’engagement de la France dans la région, il s’est gardé de rappeler que  la situation est pire qu’avant l’intervention française en janvier 2013.

Composé d’armées pour la plupart sabotées par des décennies d’austérité, le G5 Sahel est incapable de défendre son propre QG et de recueillir  les 400 millions d’euros promis par ses « partenaires ».  L’enlisement menace. Des massacres sont régulièrement commis contre des populations civiles, parfois par des soldats du G5 eux-mêmes !

Face à ce discrédit la réponse du conciliabule organisé par E. Macron s’est résumée à des annonces purement militaires et sans lendemain. Cet entêtement relève de l’aveuglement. La lutte strictement militaire contre le jihadisme est une impasse.

L’essor des groupes jihadistes s’enracine d’abord dans des décennies de néolibéralisme qui ont déstructuré les sociétés et rendu certaines populations plus perméables à la propagande de l’islamisme radical. Une réalité aggravée par certaines interventions militaires, notamment en Libye, dont les conséquences sécuritaires ont été désastreuses.

Seule une solution incluant dans les actes des volets politique, diplomatique, économique, a des chances de succès au Sahel. Macron doit sortir de son enfermement et écouter les voix qui, notamment à l’Assemblée nationale, l’appellent à revoir la stratégie de la France.

Théophile Malo
Pierre Boutry

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